
Par Nada Chehab
Fondatrice & Dirigeante – NCC New Concept of Consulting
Dans le cadre de mes travaux sur la digitalisation du Trade Finance et l’interopérabilité des écosystèmes, un constat s’impose : les principaux freins à la transformation ne sont plus technologiques. Ils sont désormais organisationnels, réglementaires et culturels.
L’article de Bojan Cekrlic vient confirmer une conviction que je défends depuis plusieurs années : l’interopérabilité n’est plus une ambition, c’est une réalité opérationnelle.
Les standards se structurent, les plateformes deviennent capables d’échanger des données de manière sécurisée et les mécanismes de confiance numérique offrent aujourd’hui les garanties nécessaires en matière d’authenticité, de traçabilité et de gouvernance.
Le véritable enjeu se situe désormais ailleurs.
Pendant longtemps, le commerce international a été organisé autour de la circulation des documents. La prochaine étape consiste à organiser la circulation des données. Cette évolution est fondamentale : elle permettra non seulement d’automatiser les processus, mais aussi d’améliorer la qualité des contrôles, de renforcer la conformité et d’exploiter pleinement les capacités offertes par l’intelligence artificielle.
Dans mes travaux, je défends une approche fondée sur trois piliers complémentaires :
- L’interopérabilité technique, qui permet aux différentes plateformes d’échanger de manière fluide et sécurisée.
- L’interopérabilité sémantique, indispensable pour garantir une compréhension commune des données et permettre leur exploitation automatisée.
- L’interopérabilité de gouvernance, qui assure la confiance entre les acteurs grâce à des règles partagées, une traçabilité complète et une reconnaissance juridique des échanges.
Ces trois dimensions doivent évoluer simultanément. Une plateforme performante ne créera pas de valeur durable si les données ne sont pas harmonisées ou si les règles de gouvernance diffèrent d’un acteur à l’autre.
Cette réflexion rejoint également les travaux actuellement conduits sous l’égide de l’ICC visant à adapter le cadre réglementaire européen aux spécificités du Trade Finance. Une réglementation davantage fondée sur le risque réel des opérations constitue un levier essentiel pour accélérer la transformation numérique des échanges internationaux.
Chez NCC – New Concept of Consulting, nous considérons que le Digital Trade ne relève plus d’un projet de dématérialisation. Il s’agit d’une transformation stratégique qui redéfinit les modèles de collaboration entre banques, entreprises, plateformes technologiques et autorités publiques.
L’interopérabilité n’est donc plus la destination. Elle devient l’infrastructure de confiance sur laquelle se construiront les prochaines générations de services financiers, de chaînes logistiques intelligentes et d’écosystèmes numériques internationaux.
Les technologies sont disponibles. Les standards continuent de converger. Les usages se développent. La véritable question n’est plus de savoir si cette transformation aura lieu, mais à quelle vitesse les organisations choisiront d’y prendre part.



